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À Montréal, le mois de mai est consacré à la bande dessinée. Cette initiative des bibliothèques de Montréal  nous permet de profiter à chaque année de plusieurs activités reliées au 9e art. Pour connaître la programmation, je vous invite à cliquer sur ce lienhttp://www.fbdm-montreal.ca/programmation/mai-mois-de-la-bd/

Je vous ai déjà parlé dans ce blog de ma lune de miel prolongée avec la BD. Pour ce faire, je vous proposerai tout au long du mois de mai, quelques coups de cœur jeunesse.

J'amorce ce mois "SPÉCIAL" avec Monsieur Colibri, une petite BD à mi-chemin entre le livre illustré et la BD, de la collection Mamut & Wistiti. Cette collection s'adresse aux premiers lecteurs et amènent ces derniers vers le monde des mots avec beaucoup de finesse et d'originalité.
Monsieur Colibri décide de s'installer dans un petit oasis vert et luxuriant, à l'abris de l'aridité du désert. Dès lors, il attire l'attention des autres habitants de la forêt, puisque ce colibri n'en n'est pas un comme les autres. En effet, il est grand, pour ne pas dire géant, mais ce n'est pas tout, Monsieur Colibri adore les livres, cuisiner de la confiture aux fleurs des bois, et rencontrer de nouveaux amis.

Bien qu'occupé à découvrir son environnement, ce sympathique volatile ne perd pas son objectif de vue: apprendre à voler. Parions qu'il réussira, mais je ne vous dévoile pas de quelle façon il y parviendra.

Ce petit livre laisse beaucoup de place à l'illustration, mais n'en demeure pas moins une histoire complète à la structure narrative bien ficelée. Les jeunes lecteurs sauront être mis au défi tout en se laissant bercer par cet univers tendre, doux et vif, tout à la fois.



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L'automne tire à sa fin, mais je me dois de vous partager un immense coup de cœur.

Sous le parapluiede Catherine Buquet et Marion Arbona aux éditions Les 400 coups m'a ensoleillé le cœur.

Tout se passe dans une ville rendue grise par la pluie. Les premières pages nous montrent une foule entassée sous d'énormes parapluies. Et puis, un parapluie à l'écart avance d'un pas nerveux. Un homme tout aussi nerveux se cache dessous et maudit ce temps gris. Mais même par temps pluvieux, le vent peut tourner et nous amener son lot de petits plaisirs inattendus. Un gamin gourmand et en totale admiration devant la vitrine de la pâtisserie saura-t-il rompre la mauvaise humeur du travailleur?

Le texte écrit sous forme de petits poèmes en rimes, confère une musicalité toute personnelle au récit. Les phrases courtes nous font ressentir la hâte, pour ne pas dire l'impatience du personnage.

Sous son parapluie,
Il avance à grandes enjambées.
Sous son parapluie, il avance
et n'en finit pas de grincher.

Les illustrations de Marion Arbona, qui sait marier tons neutres et éclats de couleurs avec doigté, ajoutent une autre profondeur au récit. Si au début, tout nous est présenté dans des camaïeux de gris, des éclats de couleurs commencent à apparaître au fur et à mesure de l'histoire pour s'intensifier au moment où l'homme fait la rencontre du gamin.

En lisant cet album, je n'ai pu m'empêcher de penser au peintre Claude Théberge, rendu célèbre grâce à ses parapluies. Je ne sais si l'illustratrice connaît et apprécie cet artiste, mais chose certaine, j'ai retrouvé le même plaisir à regarder ses illustrations que j'en avais à me prélasser devant les oeuvres du peintre.
Tout au long du récit, mes yeux s'amusaient à danser sur la page en suivant le mouvement suggéré par les parapluies et le vent ambiant.

Cet album nous rappelle à quel point il est bon faire preuve de générosité et de petites attentions envers les autres. Juste comme ça.

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Qui n'a jamais rêvé dormir à la belle étoile, ou mieux encore, dans une cabane juchée dans un arbre. Une jolie cabane, dois-je préciser, pour nous permettre de taquiner les étoiles et de flirter avec les oiseaux.

Coco, ce sympathique éléphant, ne fait pas que rêver à ces fantaisies, il les actualise avec audace et persévérance.

Je connaissais le personnage de Dorothée de Monfreid pour animer durant la période de Noël le cartonné Coco Noël(que je vous suggère si vous cherchez des titres sur le thème des fêtes quelque peu différents)mais ce n'est que cet été que j'ai réellement découvert l'univers de Coco et ses amis.

Le cartonné Chez Cocoest touchant de simplicité, comme le sont souvent les histoires les plus accrocheuses.

Coco a envie de se construire une maison, mais pas n'importe laquelle, une maison dans un chêne. Avec du rouge et du blanc. Des livres et des bonbons. Une terrasse pour balancer ses pieds dans le vide. Et une fenêtre pour contempler les cieux. Tout au long du court récit, nous nous amusons à découvrir à quoi ressemblera cette cabane et nous nous surprenons à nous imaginer à l'intérieur.

Mais voilà, sa maison est tellement jolie que tous ses amis ne se peuvent plus de la visiter et...de l'envahir.

La chute peut laisser certains lecteurs perplexes puisque nous ne savons trop si ses amis abusent de la générosité de Coco, ou si ce dernier a un peu de difficulté à s'affirmer. Pour ma part, j'opte plutôt pour l'enthousiasme débordant de ses comparses, et donc, difficile à contenir. Chose certaine, cette conclusion, qui se continue d'ailleurs en quatrième de couverture, ouvre la porte a de belles discussions.

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Je vous propose une histoire rigolote qui se lit aussi bien dans un champ à la campagne que sur votre balcon entouré d'asphalte. Au voleur! publié aux éditions Les 400 coups est un tout carton qui respire le dynamisme, la drôlerie et le mouvement. De plus, le format tout carton saura plaire aux parents d'enfants qui aiment les livres au point de les détruire...juste un peu.

J'ai souvent rencontré des parents de jeunes enfants soucieux de mettre de l'avant la littérature jeunesse d'ici et intéressés à découvrir des tout carton québécois. Si pendant longtemps, ce format se faisait plutôt rare (mais pas inexistant) au Québec, semblerait que certaines éditions aient décidé de proposer quelques titres. En voici donc un à l'histoire bien ficelée.

Au voleur! est le fruit du travail d'Escoffier à l'écriture et de PisHier aux illustrations.

Tous les animaux se réveillent paniqués. En effet, il leur manque tous un petit quelque chose. L'éléphant a perdu sa trompe, le lion, sa queue, le kangourou, sa poche, le zèbre, ses oreilles, et ainsi de suite. Nul doute, un voleur sévit. Tous les animaux se lancent donc à la poursuite du culotté voleur, mais ne suffit pas de l'attraper. Encore faut-il savoir remettre les bons morceaux au bon endroit.

Le texte écrit sous la forme de dialogues et de questions amène beaucoup de rythme. Cette lecture devient un moment de plaisir tout en proposant une leçon d'anatomie animale.

Pour les intéressés, un autre tout carton d'Escoffier illustré, cette fois-ci par Maud Legrand, est édité aux 400 coups.

Je me le procure dès ma sortie du bois, et vous en reparle. À moins qu'un plus rapide le fasse avant moi sur ce blog. ;)

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Il y a de ces livres coups de cœur, alors qu'il y en a d'autres qui se laissent apprivoiser en les manipulant ou en constatant l'énorme force qu'ils dégagent auprès des petits. Le livre dont je vous parle aujourd'hui fait un peu parti de la deuxième catégorie.

Je dis un peu, puisque je le trouvais tout de même intéressant au premier regard. Cependant, en le présentant aux enfants, et en rencontrant un petit de cinq ans se promener avec le dit livre bien serré contre sa poitrine tout en proclamant que c'était SON livre préféré, il est aussi devenu un de mes préférés.

Prendre et donnerest à la fois un documentaire, un imagier, un livre d'art, un livre-jeu, un livre de philosophie tout en étant empreint d'une douce poésie.

Prendre et donner s'ouvre sur une page où nous apercevons un grand cercle rouge ainsi que le mot Prendre écrit juste en-dessous.

Oui, bon, quel est le lien entre un cercle rouge et le verbe prendre? me direz-vous.

C'est que chaque forme du livre se déplace et se replace ailleurs. Le petit lecteur est invité à prendre (tel qu'indiqué) le cercle rouge et à le replacer quelques pages plus loin.

Où doit-il le replacer? À la page où il est écrit Donner, mais pour ce faire, l'enfant tourne les pages, fouille, se creuse les méninges, évalue les formes.

Un autre exemple? Un carré rouge, cassé en deux morceaux, donc devenant deux triangles (vous me suivez toujours?), serviront à construire des toits pour de mignonnes maisonnettes.

Ainsi, une action est équilibrée par une autre.

Les illustrations aux formes graphiques et minimalistes sont proposées dans des coloris contrastés et vifs, sans pour autant négliger les petits détails.

En discutant avec mes collègues, une d'entre elles (bonjour Perpétue!), nous partageait ses préambules. Avant de raconter ce livre, elle demande aux enfants qui ont envie, d'étirer encore et toujours plus leur bras au-dessus d'eux, dans le but de toucher le ciel et de prendre un nuage. Une fois le nuage au creux de leur main, les enfants tendent leur bras devant eux pour le donner. Ils refont ce geste à quelques reprises, pour par la suite, changer de bras.

J'ai tenté l'expérience auprès de quelques groupes avec beaucoup de plaisir. De par ces simples gestes, une jolie chorégraphie prenait vie, permettant aux enfants plus actifs d'écouter tout en bougeant.

Prendre et donner de Lucie Félix, édité chez Les grandes personnes s'adresse à tous les enfants, mais peut devenir, tout spécialement, une belle alternative pour les enfants (et les parents) plus récalcitrants aux livres et à la lecture.