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Beaucoup de lacs sont hantés au Québec. Tout le monde le sait et tout le monde le raconte. Mais aussi bien que François Blais …pas sûre. Lac Adélard est un titre de la formidable collection Noire de la Courte échelle. C’est un livre plus stressant que vraiment horrible qui vous fera découvrir aussi le talent de dessinatrice d’Iris, mieux connue des lecteurs de bande dessinée.

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L’histoire est racontée par deux voix. Celle d’Élie Bournival qui considère que l’école est une perte de temps et de sa nouvelle amie Anna qui transforme pourtant l’école des Chutes de Shawinigan en un endroit extraordinaire.

Il y a aussi la voix décalée de Rose-Marie qui raconte dans son journal daté de juin 1989 son quotidien retiré du monde.

“C’est beau, en tout cas moi je trouve ça beau, les choses qu’on voit ici. C’est beau. Les arbres, les oiseaux, les insectes, le ruisseau qu’on entend tout le temps. Les cinq cabanes autour du lac les framboises et les fleurs et les trains qui passent, les wagons-citerne noirs et les wagons de marchandises brun, c’est tellement beau.” (p.9)

La construction alternée entretient bien le suspens, le dénouement est vraiment surprenant. Mais ce roman est surtout chouette incursion dans l’univers ironique et tranchant de François Blais.

“C’est la vie, ce sont des choses qui arrivent, ça n’est pas la fin du monde, pour utiliser ces formules creuses que les adultes aiment répéter. (Ils disent aussi “on ne fait pas toujours ce que l’on veut dans la vie” ou “tu n’en mourras pas”. Comme si le fait de ne pas mourir représentait le comble de la félicité.)” (p. 37)

Qui sait peut-être deviendrez-vous tellement accro à cette écriture que vous vous mettrez à lire la revue Protégez-vous autrement que pour magasiner des électroménagers…

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