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Maintenant que la poussière de la Coupe du Monde de la Fifa est retombée, je vous présente un livre fort à propos qui me permets de vous parler d’Hervé Tullet.

Je suis tombée la semaine dernière sur Jeu de balles: un livre on ne peut plus interactif puisqu’il permet de lancer des paniers de basket, faire un but au soccer et au football, faire des échanges au tennis et de pratiquer son swing au golf avec … une simple boulette de papier!

Il consiste en fait en une planche de jeu pliée en accordéon et trouée. Ce livre est illustré de différents buts dans lesquels on peut lancer un projectile (boulette ou élastique).

Comme le dit l’avertissement destiné aux jeunes lecteurs sur la jaquette: “Mais fais bien attention: les adultes ont tendance à emprunter ce jeu et même à l’emporter au travail. Alors garde-le bien à l’œil !” C’est que les livres de Tullet ont été conçus pour les petites mains, mais souvent ils peuvent être animés/explorés par tous les âges.

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Ce livre fait partie de la chouette série de cartonnés : À toi de jouer chez Phaidon à découvrir en bibliothèque. Ce sont des livres pour les touts-petits qui jouent avec un aspect artistique mis en valeur dans chaque titre: les volumes (Jeu de construction), les lignes, les formes, la lumière…etc.

Ils s’adressent, de l’avis même de l’auteur, aux bébés, mais parlent à tout ceux qui aiment jouer.


Mais le meilleur livre de tous les temps, en fait mon préféré, est sans conteste… Un livre !

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Avec trois point de couleurs, il incite les jeunes à agir sur le récit de multiples manières: en cliquant, secouant le livre, en soufflant et en tapant des mains. Et ce qui est magique, c’est que ces actions produisent un effet réel sur les pages qui suivent.


Son cousin: Oh! Un livre qui fait des sons est aussi interactif puisqu’il joue avec des effets sonores, les onomatopées. En plus d’être vraiment amusant, ce livre permet de comprendre des notions très simples en musique.


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Pour comprendre encore mieux l’univers formidable de cet auteur, je vous invite à voir cette entrevue qu’il a accordée au Devoir, lors de son passage récent à Montréal pour le lancement de son Expo idéale. Une exposition qui peut être produite sans lui, par ses lecteurs/acteurs !

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On néglige les documentaires ici, qu’en pense-tu la chouette ?

Ça tombe bien parce que j’ai découvert un livre formidable la semaine dernière: Écoute les arbres parler: à la découverte de la forêt de Peter Wohlleben.

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On y apprend des informations étonnantes. Comment les arbres communiquent entre eux en échangeant du sucre par un réseau complexe impliquant les champignons. Est-ce que les arbres ont des souvenirs ? Est-ce qu’ils vont à l’école ?D’une certaine façon oui, en apprenant à pousser droit, ce qui est déterminant pour leur survie. Est-ce que les arbres ont une mère, des grands-parents ?

L’auteur a un rare don de simplifier les dernières découvertes scientifiques sur le sujet en posant des questions simples et concrètes qui font appel à une réalité que connaissent les enfants.

Je vous promets que la prochaine fois que vous sortirez dehors, vous chercherez les signes qui expriment la peur dans les arbres de votre voisinage ou les enfants du grand érable dans le parc de votre quartier.

Un autre livre qui appelle les racines, celles-là affectives est le roman de Marie-Renée Lavoie : Le dernier camelot. J’avoue que ce qui m’a attiré dans un premier temps est la magnifique couverture illustrée par Julie Rocheleau.

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On y rencontre Joe qui livre les journaux avant d’aller à l’école secondaire. Sa situation familiale est un peu particulière parce qu’il est orphelin de mère. C’est sa voisine Visine qui joue ce rôle pour lui et sa petite sœur jusqu’à ce qu’elle tombe malade.

Hospitalisée, Visine confie à Joe plusieurs missions. Il doit rendre à leurs propriétaires des objets qu’elle a “empruntés” tout au long de sa vie. Commencent pour lui alors des incursions dans le passé de Visine. Joe vivra des aventures qui changeront le cours de sa vie.

J’avais déjà adoré Zazie de la même auteure, qui a le don (oui oui, je sais ça a l’air un peu cliché) le mettre en lumière la beauté, la drôlerie et le tragique du quotidien.  Dans ce roman, ce qui m’a touché, c’est le réalisme des retours dans le passé et l’importance de petits gestes qui peuvent bousculer l’existence des autres.

Quand Joe débarque dans un camp de bûcherons pour rendre une ruine-babine à quelqu’un qu’il ne connaît pas, on se sent comme dans les Bûcherons de la Manouane d’Arthur Lamothe avec les mouches, la sueur, la dureté du travail.

Ce roman convoque notre passé collectif, tout en rappelant l’importance de la solidarité. Nous rappelle que nous vivons près de gens avec qui nous sommes liés que l’on le veuille ou non …comme les arbres dans une forêt.

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Un nouveau livre de Brian Selznick est toujours pour moi un événement. Peu d’auteurs racontent en images avec autant de talent.

Avec L’invention de Hugo Cabret, il avait habilement évoqué le cinéma de Georges Méliès et nous avait fait visité une gare de Paris dans les années 1930. Ce roman a d’ailleurs été adapté au cinéma par Martin Scorsese en 2012.

Avec Après la foudre, nous avions découvert le Musée d’histoire naturelle de New York et ses anciens cabinets de curiosité.

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Son petit (!) dernier, La maison des merveilles présente le Royal Theatre de Londres mais surtout une maison-musée faisant revivre le 18ième siècle. L’auteur s’est d’ailleurs fortement inspiré de la maison de Dennis Severs.

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Si les livres de Selnick présentent une grosseur impressionnante (ils sont très épais et lourds) pour les lecteurs à qui ils se destinent (à partir de 10 ans), c’est qu’ils racontent autant par l’image que par les mots. Les deux modes ne sont pas imbriqués comme dans la bande dessinée, mais se présentent de manière autonome. Ils racontent chacun une partie de l’histoire.

Dans la maison des merveilles, la première partie est entièrement dessinée et présente l’histoire du naufrage du Kraken. Le trait au fusain donne un aspect sensible au récit comme s’il acquérait une certaine fragilité et une douceur à cause du jeu des ombres dû au médium.

La partie suivante, uniquement en texte, raconte l’histoire de Joseph qui s’est enfuit de son pensionnat et prend refuge chez son oncle. Ce dernier l’accueille à rebrousse poil dans sa maison ancienne où Joseph a l’impression de vivre dans un autre siècle.

Comme dans ses deux romans précédents, l’amour de l’art (ici le théâtre) et les histoires de filiation sont centrales et donnent au récit un souffle et une précision dans les sentiments complètement originale.


Un livre à déguster lentement, même si vous ne pourrez que tourner les pages de manière frénétique (surtout dans la narration portée par le dessin).

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J'aime les livres qui parlent de course, surtout ceux qui transposent habilement le rythme et le souffle de ce sport. Et j’ai adoré Le garçon qui courait. Je ne suis pas la seule puisqu’il est en nomination pour le Prix jeunesse des libraires du Québec.


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On y relate la vie du marathonien, Sohn Kee-Chung, premier Coréen à avoir remporté cette épreuve aux Jeux olympiques de Berlin en 1936. Il remporte cette victoire sous un nom japonais Son-Kitei, la Corée étant sous occupation japonaise.

On y parle de la résistance politique d’un homme par ce qu’il sait fait de mieux: courir.

Cela débute dès l’âge de 7 ans où avec son grand-frère, il s’enfuit après que ce dernier eut incité ses camarades de classe à se rebeller. Il doit ensuite aller en Chine tous les matins, ployant sous le poids de melons qu’il transporte sur son dos pour les rapporter à son père. Et cela continuera toute sa vie, à travers les épreuves qu’il remporte et son métier d’entraîneur.

D’autres livres qui présentent la course sous l’aspect plus psychologique:


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Une fois n’est pas coutume, le temps des vacances m’a permis de découvrir deux chouettes récits de voyage en bande dessinée. Les auteurs ont en commun, qu’à travers l’écriture leur style s’aiguise.


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Ma première découverte est parue à la fin de l’année dernière. Il s’agit de Brumes de Sapa de Lolita Séchan (qui est la fille du chanteur Renaud, il faut bien le dire, même si ce n’est pas tout).

Cette bande dessinée raconte la rencontre de l’auteure et de Lo Thi Gom , jeune fille d’origine Hmong, une communauté ethnique minoritaire et opprimée du Vietnam. C’est lors d’un premier voyage dans ce pays que Lolita la découvre. Elle reviendra ensuite une fois l’an pour la revoir.

La beauté de ce récit doit beaucoup à Lo Thi Gom est une personne à la fois très lucide et ancrée dans un pays aux traditions fortes. Le dessin de l’auteure est aussi approprié: il devient de plus en plus précis et habité d’une vie propre.


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Comment je ne suis pas devenu moine de Jean-Sébastien Bérubé raconte exactement ce que dit le titre. (!) L’auteur s’est rendu au Népal pour devenir moine bouddhiste.

Je venais juste de lire le roman jeunesse Hare Krishna de François Gilbert sur le même sujet , si le traitement me semble moins violent, la remise en question est semblable. La désillusion de Bérubé vient surtout de l’institution corrompue et quand on lui demande dans l’avion à son retour: “Oh ! Vous êtes bouddhiste ?” Il répond: “Non… Je suis juste un être humain.”(p.226).

Ce qui m’a plu aussi dans cette bandes dessinée, c’est entre autre, la présence du bégaiement du narrateur qui prend du sens vers la fin du livre. Je croyais que les hésitations venaient de la difficulté de s’exprimer dans une autre langue, alors qu’elles laissaient paraître une fragilité.

Le côté un peu brouillon du dessin disparaît aussi au fil du récit. Le trait est affirmé dans la deuxième partie où l’on découvre, entre autres, de somptueux paysages.